Dessin Ondine Filippi-Codaccioni
Dessin Céline Cox-Brunet

 

 

 

Plume de Naturalistes a la chance de pouvoir compter sur le talent de nombreux dessinateurs, peintres, sculpteurs, photographes animaliers. Ils mettent à disposition des images pour illustrer les pages de la revue et ce site Internet. Leur sens du partage désintéressé fait d’eux des collaborateurs de cette aventure collégiale !     

                                                                                                     

Si vous souhaitez contribuer : revue-plume@cpiebrenne.org 

 

Merci à : Stéphane Augros ; David Aupermann ; Loïc Bellion ; Pascal Bellion ; Frédéric Chiche ; Jean-François Cornuet ; Christian Couartou ; Céline Cox-Brunet ; Jérémy Dechartre ; Eric Desmet ; Jean-François Desmet ; Thierry Disca ; Pascal Duboc ; Ondine Filippi-Codaccioni ; Alain Freytet ; Philippe Geniez ; Pascal Giosa ; Sarah Grimaud ; Michel Jay ; Laurent Joubert ; Marie Le Roux ; Typhaine Lyon ; Jean-Pierre Malafosse ; Christian Maliverney ; Brigitte Mauret ; Angélique Moreau ; Vincent Nicolas ; Jean-Baptiste Pons ; Aurélia Pourriau ; Michel Rauch ; Charlotte Rybakowski ; Vincent Rufray ; Erwan Thépaut ; Marc Tisseau, Rémi Tréabol, Morgane Wauthier.

Dessin Marie Le Roux
Dessin Charlotte Rykowski

Lenteur hivernale ; trois minutes 46 secondes de bonheur naturaliste en images.

Une œuvre d’art involontaire en forme d’énigme à résoudre !

L’expression artistique est parfois inconsciente de la part de son auteur ; c’est l’angle de vue du spectateur qui lui donne tout son sens.

Christian Couartou, naturaliste dessinateur et photographe collaborateur de Plume de Naturalistes, nous a fait part en images de découvertes successives qui émoustillent plusieurs formes de séduction de nos sens : la curiosité perplexe face à un phénomène insolite, un résultat esthétique, une origine et une causalité mystérieuses.

Photo 2 (C. Couartou) : gros plan sur une trace sinueuse
Photo 1 (C. Couartou) : vue générale du pare-brise « décoré »

Tout commence un jour de visite dans une ferme de la région de Châlus dans le sud-ouest de la Haute-Vienne. A l’abri dans une grange, une voiture est garée depuis suffisamment longtemps pour être recouverte d’une pellicule de poussière de farine destinée aux bétail. Sur le pare-brise, des traces (de 5 à 10 mm de largeur) aux contours sinueux multiples en forme de dents de scie circulaire forment un réseau plus ou moins dense à la trajectoire aléatoire (Photos 1 et 2). Aucun humain – si tant est que quelqu’un ait le talent et la patience de produire cette œuvre ! ne peut en être l’auteur vu le contexte. Si l’origine est biologique – ce qui semble le plus plausible – alors il doit s’agir d’un animal volant car à certains endroits les traces s’arrêtent – ou commencent – brusquement sans possibilité d’aller et retour : l’hypothèse d’un mollusque venu consommer la farine, également contredite par l’absence de mucus, a donc du « plomb dans l’aile ».

Photo 3 (C. Couartou) : traces de tailles diverses sur porte métallique de stabulation
Photo 4 (C. Couartou) : traces aux contours festonnés sur porte métallique de stabulation.

Des coulures en dessous des traînées peuvent faire penser à un liquide qui se serait échappé de la trajectoire sinueuse. Un insecte volant pourrait-il en être l’auteur ? Lequel ? Dans quel but ?… Sur la photo 1 des empreintes en haut à droite témoignent qu’un chat est venu visiter la scène, sans doute en l’absence de l’auteur des traces mystérieuses, puisqu’il ne s’est pas aventuré plus loin.

Quelques temps après, une autre scène similaire a été découverte, toujours par Christian Couartou, dans le même secteur, sur la porte métallique d’une stabulation. Cette fois les traces sont de tailles diverses (Photo 3), certaines ont un contour nettement festonné comme une foliole de fougère femelle (Photo 4) ; on devine des vagues traces de part et d’autre de la « sinusoïde ».

Plusieurs naturalistes ont cogité jusqu’aux frontières de la migraine sur cette énigme, en faisant diversion de leur ignorance par la conclusion suivante : « en tous cas, c’est une forme d’art qui mérite le détour » !

Alors si vous êtes plus malin, si vous avez déjà rencontré ce phénomène en identifiant son auteur ou si vous avez une hypothèse cohérente, ne nous laissez pas dans cet état de frustration contemplative ! Envoyez vos suggestions à l’adresse : revue-plume@cpiebrenne.org

(photos originales téléchageables ici)